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Histoire/Ostéopathie
Formation d'ostéopathie équine et canine

Principes fondateurs

L'ostéopathie est organisée autour de quatre principes de bases:

1.Chaque structure du corps a une fonction physiologique, chaque fonction entretient une certaine structure et la structure gouverne la fonction. Par exemple, le tube digestif est considéré comme structure, la digestion comme fonction et la forme (ondulations, villosités, microvillosités, etc.) de l'intestin permet sa fonction (digestion, rôle dans l'immunité et le système hormonal…). Le squelette, en tant que charpente osseuse, et sa musculature ont une grande importance, en tant que support des autres systèmes et organes dont la mobilité naturelle est nécessaire pour un bon fonctionnement durable des systèmes nerveux, musculaire, circulatoire, respiratoire, etc.

2.Concept d'unité et d'interrelations entre les différentes parties du corps (il est commun à bien des médecines):
toutes les parties du corps sont reliées, par la vascularisation, le système nerveux, le tissu conjonctif, le système lymphatique et hormonal), mais aussi de l'être humain dans sa globalité, rassemblant ses aspects physique, émotionnel, mental, intellectuel et spirituel. L'ostéopathie postule une interrelation entre la structure et la fonction : un organe ne pourrait fonctionner correctement que si sa configuration tridimensionnelle est conforme à ce qu'elle devrait être, et inversement.

3.Principe d'auto-guérison :
le corps dispose de nombreux systèmes de réparation, adaptation, défense ou compensation. Ce postulat de Andrew Taylor Still, créateur de l'ostéopathie, est considéré comme peu scientifique par certains qui ne font plus l'unanimité. L'ostéopathe ne ferait que stimuler les facultés d'auto-guérison chez le patient. Les ostéopathes fondent leur réflexion sur les conditions qui ont mis ces moyens en défaut, et tentent de lever l'obstacle.

4.Le rôle de l'artère est absolu :
Toute structure somatique non atteinte d'une lésion organique est capable de fonctionner normalement, pour peu que sa vascularisation soit correcte et que l'alimentation ait fourni des nutriments qualitativement et quantitativement suffisants.
Ces concepts sont appliqués à l'anatomie et à la physiologie humaine. « Le rôle de l'artère » est une manière particulière de voir les choses.

-Aujourd'hui, tous les ostéopathes n'y accordent pas la même importance. Les ostéopathes dits « scientifiques », considèrent que ce rôle n'est pas suffisant pour assurer une fonction normale.

La médecine ostéopathique ou médecine des maladies de l'os, s'appuyant sur les bases anatomiques et physiologiques du corps, est apparue au XIXe siècle, sous l'impulsion de deux hommes dont l'esprit curieux et ouvert, permit de poser les premiers fondements d'un art diagnostique et thérapeutique consistant d'une part à examiner et traiter globalement un individu au lieu de traiter sa maladie, d'autre part à tenter de conserver sa santé à l'individu pour éviter qu'il ne contracte une maladie. Ces deux hommes sont Andrew Taylor Still et William Garner Sutherland.

La naissance de la médecine ostéopathique

L’ostéopathie fut fondée par Andrew Taylor Still. En automne 1874, pendant une épidémie, il guérit un enfant de la dysenterie puis dix-sept autres avec succès ; ce fut le premier traitement ostéopathique.
Le 22 juin 1874, il rompt définitivement avec la médecine traditionnelle qui n'a jamais vraiment répondu à ses espérances et expose ses théories et résultats sur l'ostéopathie. Il établit les grands principes de l'art ostéopathique : « Je lance au vent la bannière de l'Ostéopathie ! ». Jusqu'en 1878, il guérit avec ses mains, ce qui devient tout à fait inconvenant pour ses pairs
En 1892, l'American School of Osteopathy est créée à Kirksville. Il s'agit du premier collège d'ostéopathie au monde. Il consacre la reconnaissance officielle de l'ostéopathie dans l'état du Missouri. Les étudiants qui y sont formés reçoivent le titre de D.0. graduate (docteur en ostéopathie) et non pas de M.D. (docteur en médecine). Still tenait, dès le départ, à faire la différence entre deux activités professionnelles totalement différentes.
De 1892 à 1900, l'ostéopathie s'étend dans tout le Sud des États-Unis.
De 1894 à 1900, se développe une opposition violente des instances médicales officielles. L'ostéopathie acquiert pourtant le droit d'exercice dans la plupart des états, comme profession paramédicale, sans possibilité de prescription de médicaments, mais avec le droit de pratiquer l'obstétrique et la chirurgie. Des collèges de médecine s'ouvrent un peu partout aux États-Unis.
1905 est l'année de publication du Rapport Flexner. La médecine traditionnelle toujours prédominante, fortement organisée et structurée face à la toute jeune médecine ostéopathique, par le biais de la puissante Association de médecine américaine (AMA), exerça une énorme pression sur les pouvoirs publics qui nommèrent alors la commission Flexner. Celle-ci obtint, après inspection des institutions médicales privées, la fermeture de nombreux collèges et empêcha la création de ceux en cours de constitution. L'opinion publique en fut tellement scandalisée que des pétitions au niveau national obligèrent le président Theodore Roosevelt, dont la famille était traitée par ostéopathie, à autoriser l'ouverture de ces collèges en cours de constitution.
Le premier état à légitimer l'ostéopathie fut le Vermont en 1896. Il faudra près de 100 ans pour que la Californie, dernier état de l'Union, obtienne ce même droit par une lutte opiniâtre en 1974. Viola Fryman, à la tête d'une poignée de vieux ostéopathes, en dernier recours auprès du Juge du Tribunal suprême des États-Unis, obtient le droit de créer le College of osteopathic medicine of the Pacific à Pomona. La profession d'ostéopathe désormais reconnue, obtient en 1969 les droits et privilèges médicaux et chirurgicaux.
Naissance du concept crânien dans le domaine de l'ostéopathie
William Garner Sutherland était étudiant à Kirksville à la fin du XIXe siècle. Un jour, il se mit à observer un crâne désarticulé et fut frappé par la présence de biseaux sur l'os temporal. Ce biseau évoquait une mobilité articulaire analogue à celle des ouïes d'un poisson. Il pensa que cela n'avait pas vraiment de sens et pendant 10 ans, il s'efforça de ne plus y penser. Cependant, il repensait toujours à cette analogie avec les ouïes du poisson. Il décida finalement de se prouver que son raisonnement était une absurdité et qu'il n'y avait absolument aucun fondement rationnel et scientifique à ses propres idées. Au bout de 20 ans, c'est à dire 30 ans après sa première observation, il en était arrivé à des conclusions précises.
En 1939, il publie le résultat de ses recherches dans The cranial bowl (La boule crânienne), accueilli avec indifférence ou scepticisme. Un grand soutien lui est toutefois apporté par le Dr Kimberley, un neurochirurgien américain. Son élève, Harold Magoun, poursuivit son œuvre et publia en 1951 Osteopathy in the cranial field (Ostéopathie dans le champ crânien), le livre de référence de l'ostéopathie crânienne.
Développement de la médecine ostéopathique en Europe
Le britannique John Martin Littlejohn séjourne longtemps à Chicago et reçoit l'enseignement direct de Still. Avec l'accord reçu de celui-ci de son vivant, Littlejohn crée la British School of Osteopathy à Londres en 1918.
Elle restera la seule école anglaise jusqu'à la naissance de l'Osteopathic Institute of Applied Techniques à Maidstone, créé par John Werhnam, élève de John Martin Littlejohn.
L'École française d'ostéopathie est créée en 1957 sous la direction de Paul Geny. Elle délivre un enseignement privé pour médecins et kinésithérapeutes. Les difficultés répétées du pouvoir médical obligent l'expatriation de l'École française d'ostéopathie en Angleterre où elle devient l'École européenne d'ostéopathie de Maidstone en 1960.
En 1973, la Société internationale d'ostéopathie, siégeant à Genève, recommande des normes d'enseignement de l'ostéopathie de type universitaire en 3 cycles totalisant 5000 heures de cours en 6 années après le baccalauréat ou son équivalent national pour déboucher sur une profession compétente en matière de prévention et de conservation de la Santé, suivant les recommandations de l'OMS.
Outils thérapeutiques
L'ostéopathe dispose de différentes approches thérapeutiques qu'il considère adaptées aux besoins spécifiques du patient, à ses propres affinités et à ses propres connaissances On distingue parmi celles-ci:
•les techniques de mobilisation articulaire passive lente (technique générale ostéopathique, techniques fonctionnelles directes ou indirectes, etc.) ou rapide (technique haute vélocité basse amplitude, technique basse vélocité haute amplitude, etc.);
•les techniques de mobilisation articulaires actives (technique de Mitchell, etc.);
•les technique de mobilisation articulaire mixtes (techniques de Sutherland, etc.);
•les techniques réflexes (traitements réflexes du tissu conjonctif, points de Knapp, points de Head, points triggers, traitements neuro-musculaires, etc.);
•des techniques de mobilisation des structures molles et péri-osseuses (crânien, viscéral, facial, etc.);
•des techniques psycho-cognitives (empathie, développement de la confiance en soi, positivisme, etc.).

Le texte Référentiel profession ostéopathe, établi par cinq associations ostéopathiques conjointement avec les pouvoirs publics, reconnaît trois pratiques ostéopathiques : celle dite structurelle (incluant les manipulations vertébrales et articulaires) ou thrusts technics, l'ostéopathie viscérale (qui intéresse les organes) et l'ostéopathie crânienne.
La palpation recherche les dysfonctions somatiques au sein de tous les tissus du corps. En dehors de l'interrogatoire, la main représente l'outil essentiel tant du diagnostic que du traitement. Ici aussi, les concepts s'opposent. Pour certains ostéopathes, la main n'est rien ; c'est le système nerveux central du thérapeute qui est l'outil de traitement.
L'ostéopathie s'adresse au corps entier (cf. concept d'unité). L'action sur ces différents systèmes passerait par un lien physiologique majeur : le système nerveux. En effet, toutes les techniques auraient comme point commun d'émettre des informations aux éléments afférents du système nerveux périphérique et du système nerveux végétatif (sympathique et parasympathique). Ceci expliquerait pourquoi l'action de l'ostéopathie sur le corps n'est pas locale, mais toucherait l'ensemble de l'organisme.
Les techniques ostéopathiques auraient ainsi une action bénéfique sur les symptômes d'affections touchant les domaines suivants :
•le système locomoteur : certains rhumatismes, lumbagos, entorses, torticolis,…
•le système viscéral : certaines constipations, diarrhées, ballonnements, syndrome du côlon irritable,…
•le système crânien : certaines céphalées, otites chroniques, vertiges, bourdonnements, nez bouchés, sinusites chroniques, coliques du nourrisson, enfants difficiles qui pleurent souvent, insomnie, dyslexie et problèmes liés à l'apprentissage, mémoire, concentration, névralgie faciale,...